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juin 2026

Le Petit Marrakchi

Actualité, news et événements à Marrakech par Emmanuel

Archives pour la catégorie ‘GUIDE MARRAKECH’

Les Carossas : les fourmis travailleuses de la médina

Posté par Emmanuel le 20 mai 2026 Ajouter 1 Commentaire

Les carossas à Marrakech : petite vérité marrakchie

Vous savez ce qu’est un carrossa ? …toujours pas ? Alors asseyez‑vous, respirez, et laissez-moi vous raconter la vérité vraie, celle qu’on ne vous raconte jamais dans les brochures touristiques.

Mohamed: Carossa à Marrakech, Bab Mellah dans le quartier de Riad Zitoun Lakdim - Médina

Vous, fier comme Ali-Artaban avec votre réservation dans un magnifique riad de la médina, vous décidez de jouer les aventuriers. « Le transfert aéroport ? Non merci, on va faire local ! » Et c’est précisément à ce moment-là que votre voyage bascule dans ce que j’appelle la grande tradition marrakchie, jamais dangereuse, mais parfois un peu pesante…

Déjà échauffé par la négociation musclée avec le taxi de l’aéroport (qui, rappelons-le, a toujours un cousin qui “fait meilleur prix”), vous voilà déposé à l’entrée d’une ruelle. Et là… Deux types se battent derrière la voiture. Enfin… se battent, c’est ce que vous croyez. En réalité, ils se disputent juste vos valises comme deux fourmis géantes qui auraient repéré une corne de gazelle ( oui, c’est une pâtisserie typiquement marocaine, blindée de sucre donc…) tombée du ciel.

Bienvenue dans le monde merveilleux des carossas, les porteurs de la médina. Toujours là. Toujours rapides. Toujours prêts. Toujours casse-b… et intéressés, mais indéniablement inévitables.

L’un d’eux deviendra votre bourreau. C’est lui qui vous suivra jusqu’à la porte du riad, qui vous collera comme un chewing-gum sous la babouche, et qui vous réclamera « le flouze » avec l’insistance d’un vendeur de tapis en fin de mois, et la subtilité d’un chameau dans un magasin de céramique fine de Safi .

Important : surtout, ne sortez pas la boîte à giffles. Même si l’envie vous traverse l’esprit. On reste civilisé, on respire, on sourit. Le sourire, c’est la monnaie universelle de la médina.

Comment gérer un carrossa sans perdre son calme

Option 1 : La technique du “porte-toi bien”

Vous arrivez devant le riad. Vous parlez, vous riez, vous faites durer, vous improvisez un sketch si nécessaire. Le but : gagner du temps jusqu’à ce que la porte s’ouvre. Dès que votre hôte apparaît : « C’est combien ?  20 dirhams. ? Tiens et merci !» Voilà. C’est réglé. Vous êtes sauvé.

Option 2 : La fuite stratégique

Vous filez à l’intérieur du riad comme si vous vouliez échapper à un contrôleur du fisc. Vous laissez votre hôte gérer. Il connaît la musique. Il a l’habitude. Il a même un doctorat en “gestion de carrossas”.

Option 3 : Le coup du paiement anticipé

Le porteur s’arrête avant le riad. Il sait très bien que le patron de la maison n’aime pas les négociations sauvages. Donc il vous bloque avant. Il réclame. Il insiste. Il joue la scène dramatique.

Là, c’est votre moment de solitude. Votre heure de gloire. Votre test de diplomatie.

Ne montrez rien. Dites que vous n’avez pas de monnaie. Et surtout, SURTOUT : museler votre femme, qui est prête à donner tout le budget du voyage pour avoir la paix.

Les carossas entre habitants : l’autre face de la médina

Et puis il faut dire la vérité vraie : les carossas, ce n’est pas seulement pour trimballer les valises des touristes fraîchement débarqués. Non, non. Dans la vie quotidienne de la médina, ce sont de véritables camions de livraison sur pattes.

Ils transportent tout :

Boudheli : un des porteurs de la médina de Marrakech depuis près de 30 ans.
  • les stocks de babouches fraîchement cousues
  • les tapis roulés comme des makis XXL
  • les matériaux de construction (oui, même les sacs de ciment)
  • les courses du marché
  • les bouteilles de gaz qui pèsent la moitié d’un âne
  • les colis entre commerçants
  • les plateaux de gâteaux pour les mariages
  • les cartons de menthe, de coriandre, de citrons…
    et j’en passe !

Bref : si c’est lourd, encombrant, fragile ou improbable, c’est pour eux.

Dans la médina, tout passe par un carrossa. C’est le Uber, le DHL, le Chronopost, le déménageur, le livreur de gaz et le cousin serviable… mais en version humaine, rapide, et toujours prêt à négocier.

Où dormir pour éviter les galères de carossas ?

Si vous voulez éviter les négociations musclées dès l’arrivée, choisissez un riad facile d’accès, calme et central comme le Riad Mumtaz, une petite adresse élégante au cœur de la médina, avec un hôte qui vous parle directement, en vrai.

Les carossas, ce sont un peu les fourmis travailleuses de la médina : infatigables, rapides, indispensables… et parfois légèrement collantes. Mais sans eux, la médina ne tournerait pas rond.

Emmanuel.

Négocier un tapis dans les souks : le casse‑tête berbère !

Posté par Emmanuel le 18 avril 2026 Ajouter 1 Commentaire

Après un petit‑déjeuner d’Efrits, sorte de Gargantua version monde arabe, préparé par Saïda, la maman de tout le monde au Riad Mumtaz, me voilà fin prêt pour affronter les guerriers berbères des souks, non mais ! Enfin… c’est ce que je croyais.

Ce matin, j’ai une mission : acheter un tapis. Un vrai. Un kilim, un tissé main en laine venu des montagnes, un Mrirt, bref… le genre de pièce qui tu ramènes à la maison avec la fierté du négociateur qui vient de vendre du sable aux autorités Sahariennes. Tes amis vont pas en croire leurs yeux. “Oui, ça a été chaud, mais avec ma technique de pro sortant de HEC, il a bien compris qui j’étais, et je suis fier. »

Sauf que tu vas vite comprendre que débarquer dans un souk avec un esprit guerrier en pensant faire monter la tension du petit bonhomme au-dessus de 3, c’est compliqué… heu… inutile aussi, voire même contre‑productif. Et oui, tu ne vas pas à la guerre. Le vendeur n’est pas Youssef Ibn Tachfin, et tu n’es pas Alphonse VI de Castille. Et heureusement pour toi, car en 1086, à la bataille d’Al‑Zallaga, c’est le chef des Almoravides qui remporta l’escarmouche.

Non, en réalité, tu vas chez le psy. Dans son théâtre. Dans son antre. Dans son empire du calme, de la stratégie, du thé à la menthe, et du tapis, accessoirement. Et lui, il t’a déjà analysé avant même que tu n’aies posé ta babouche sur le kilim à l’entrée.


La psychologie berbère : l’art de te lire avant même que tu parles

Ce que tu dois bien comprendre, et qu’aucun guide touristique ne t’expliquera, c’est que le vendeur berbère n’est pas un simple commerçant. C’est un malin le bougre, un psychologue, un stratège, un acteur, un anthropologue, et parfois même, un magicien.

Il en a vu passer du touriste, et son petit rictus accueillant signifie également qu’il est déjà en train de dépouiller ton portefeuille. Tu es comme un mouton qui gambade heureux sur les plateaux de l’Atlas, et que l’on rentre sournoisement à la maison la veille de l’Aïd El Kébir…

Il t’a déjà classé dans une catégorie : acheteur sérieux, curieux, hésitant, impulsif, romantique, radin, généreux, ou juste perdu. Il sait si tu vas craquer, ou pas…

Et surtout : il lit ton visage comme un livre ouvert.

Il t’accoste avec une petite blague, le test classique pour savoir d’où vient ce short ridicule avec sa virgule qui ne ressemble à rien, car évidemment, seule la Djellaba est un habit digne de ce nom, ignare que tu es ! Une fois ta nationalité connue, l’anecdote et l’étalage du savoir :

« Français ? Ah, la Tour Eiffel, Zizou, Mbappé… Mbappé, Walla, y court plus vite que les gazelles du Sahara… » Tu ris. Tu es détendu.
Tu es à feu doux. Il a calibré ton niveau de résistance. La séance peut commencer.


La grande scène du dépliage : le tapis n°23

Tu crois encore que tu vas “regarder deux ou trois modèles”. Non. Tu entres dans un rituel ancestral. Le vendeur t’invite à t’asseoir. Toujours. Parce qu’un client assis est un client qui reste. Premier tapis. Deuxième. Troisième. Tu hoches la tête. Tu fais semblant de comparer. Lui, il observe. Son assistant déplie frénétiquement les œuvres d’art. Quatrième. Cinquième… Tu commences à te dire que tu vas devoir appeler Saïda pour qu’elle t’envoie le tajine. Septième. Huitième…Ton regard fatigue. Lui, jamais.

Et puis arrive le moment clé. Le 23ème tapis. Pas le 22. Pas le 24. Le 23.

Celui où, malgré toi, tu laisses filer la petite émotion, la traîtresse. La pupille s’est dilatée. Madame te fait des signes aussi discrets que le chameau qui rentre au Foundouk après 8 jours de Sahara…Tes babouches se figent. Un “hmm” microscopique s’échappe de ton âme.
Tu entres en légère ébullition.

C’est à ce moment précis que le thé arrive. Toujours. Le thé à la menthe, c’est le “checkmate” du souk. Tu ne peux plus partir. Il ne parle toujours pas d’argent. Jamais. Il te parle :

  • de la laine
  • du temps de fabrication
  • des montagnes
  • des femmes qui l’ont tissé
  • de la tradition
  • de la baraka
  • de la beauté
  • de l’histoire

Tu es captivé. Tu bois ton thé. Tu hoches la tête. Tu es cuit.


La négociation : dignité, patience et ego

Beaucoup pensent que la négociation, c’est une bataille de prix. Non. La négociation berbère, c’est une danse. Un jeu d’équilibre. Une question de dignité. Une bataille contre toi-même. Le vendeur peut baisser le prix. Il peut discuter. Il peut sourire. Mais il n’acceptera jamais que tu touches à sa dignité. Tu sens la culpabilité monter. Le fameux : “je ne veux pas le vexer”, “je ne veux pas manquer de respect”, “je ne veux pas être ce touriste-là”. C’est normal. Et lui, il le sait. Il a l’odorat émotionnel d’un fennec.

Mais rappelle-toi : si tu pars avec le tapis, c’est qu’il a gagné de l’argent. Toujours. Le berbère est beaucoup de choses, mais certainement pas philanthrope. La bonne négociation, c’est celle où vous souriez tous les deux. Lui, parce qu’il a fait une marge correcte. Toi, parce que tu as divisé le prix par deux. Et soyons honnêtes : c’est plus jouissif que n’importe quelle substance venue des montagnes du Rif.


Les règles d’or pour ne pas se faire plier comme un tapis

  • Ne montre jamais trop d’enthousiasme.
  • Ne commence jamais trop bas, ou si tu le fais, tu l’accompagnes de gros rires bien lourds.
  • Ne te presse jamais. Toi aussi, teste-le !
  • Ne te sens jamais coupable.
  • Attends le sourire. C’est le signal. Le vrai.

Le tapis, la dignité et toi

Acheter un tapis dans les souks de Marrakech, ce n’est pas une transaction. C’est une expérience. Un rite initiatique. Une séance de psy où tu découvres que tu es plus émotif que tu ne le pensais, plus impatient que tu ne le croyais, et plus fier que tu ne l’avoueras jamais. Le vendeur berbère, lui, a joué son rôle à la perfection. Il t’a observé, testé, charmé, déstabilisé, rassuré. Il t’a amené au tapis n°23 comme un chef d’orchestre amène son public au crescendo final.

Et toi, tu repars avec un tapis magnifique, une histoire à raconter, et un ego qui flotte à deux mètres du sol.

Tu as joué le jeu. Tu as respecté la dignité. Tu as vécu Marrakech comme il faut la vivre : avec humour, patience, et un thé à la menthe.
Courage mon cousin, ça va le faire 😉
Emmanuel

Taxi à Marrakech: dépouillage tout en souplesse…

Posté par Emmanuel le 17 mars 2026 Ajouter 1 Commentaire
taxi marrakech
Taxi à Marrakech

…ou comment éviter de se faire plumer, sourir aux lèvres…
Vous avez déjà pris un taxi à Marrakech ? Alors vous savez. Pour les autres… installez-vous, je vous explique. Et promis : ce n’est jamais dangereux, juste parfois… folklorique. Marrakech, c’est un peu comme un film interactif : vous êtes le héros, et le taxi est souvent la première scène.

Et c’est précisément à ce moment-là que vous regrettez d’avoir refusé le transfert privé proposé par votre riad, juste pour “faire local” devant madame. Mauvais calcul. Mais rassurez-vous : vous n’êtes pas le premier, et certainement pas le dernier.

🚗 Les taxis en 2026 : petit rappel utile

À Marrakech, il existe toujours deux espèces bien distinctes :

1. Les petits taxis

Les fameux beige-jaune-crème (la couleur exacte reste un débat national). Ils sont petits, souvent vintage, parfois héroïques.

  • Ils ne sortent pas de Marrakech.
  • Maximum 3 passagers.
  • Ils ont obligatoirement un compteur.
  • La prise en charge reste dérisoire.
  • Pas de supplément bagage (officiellement).
  • Et oui, leur compteur peut gérer plusieurs courses en même temps. Ne cherchez pas à comprendre.

2. Les grands taxis

Les Mercedes increvables, génération “avant l’invention du plastique” est désormais remplacé…apr le plastique. Cela dit y’a que ça qui a changé :

  • Toujours pas de compteur.
  • Très utilisés par les locaux pour les trajets interquartiers.
  • Fonctionnement collectif : on monte, on attend que ça se remplisse, on part.
  • Vous pouvez les privatiser… mais préparez votre portefeuille.
  • Un trajet complet en collectif coûte quelques dirhams. En privé, c’est une autre galaxie.

🎯 Comment prendre un taxi en ville sans se faire avoir

Quelques règles simples, testées et approuvées :

1. Ne prenez pas un taxi devant un lieu touristique

Ils se connaissent tous, ils se parlent, et vous n’aurez aucune marge de négociation. Marchez 50 mètres, attrapez-en un au vol. Ils sont partout.

2. S’il refuse le compteur : négociez, mais intelligemment

Restez ferme, mais zen. On parle de 1 ou 2 dirhams, pas d’un héritage. Si ça bloque : on sourit, on ferme la porte (doucement, surtout si madame a les doigts dedans), et on passe au suivant.

3. S’il refuse de vous prendre

Ne le prenez pas personnellement. Ce n’est pas votre tête : c’est juste qu’il ne va pas dans votre direction.

✈️ Prendre un taxi à l’aéroport en 2026

Là, c’est une autre histoire car les prix fixés par les autorités et normalement appliqués par un coordinateur officiel tournent parfois au vinaigre. Traduction : négocier est devenu compliqué, mais possible !

Pour un premier séjour, surtout si vous logez dans la médina, je recommande toujours le transfert proposé par votre hôte. Entre 15 et 20 euros, livré devant la porte, sans stress. Et croyez-moi : arriver dans la médina sans devoir à chercher votre Riad, c’est un luxe.

🏜️ Centre-ville → Aéroport / Palmeraie

Ces trajets ont un tarif spécial :

  • 70 dhs pour un petit taxi
  • 200 dhs pour un grand taxi

Pas plus. Sauf si vous ne dites rien, évidemment.

Taxi à Marrakech

🐦 Le vrai problème en 2026

Les taxis préfèrent parfois attendre “le bon touriste” plutôt que de prendre un local. Résultat : même les Marrakchis galèrent à trouver un taxi. Les autorités ont dû rappeler à l’ordre les chauffeurs les plus… sélectifs.

🎉 Conclusion : Ne paniquez pas, c’est Marrakech, mais c’est la même histoire à Bangkok. C’est vivant, c’est drôle, c’est parfois agaçant, mais ça fait partie du charme. Et souvenez-vous : vous êtes en vacances. Prenez ça comme une mini-aventure, un rite initiatique. Et surtout : gardez le sourire, ça marche toujours mieux qu’un compteur.

Bon Voyage.

Emmanuel

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